Le dernier roman que j’aurai lu en cette année 2017, est un grand classique, que je n'avais jamais lu. J’ai cité « La Rabouilleuse » de cet honoré et bon Balzac.

J’ai pourtant beaucoup de livres qui m’attendent sur les rayons de mes bibliothèques (oui j’en ai plusieurs dans tous les coins de la maison). Mais depuis mon retour de Cuba, la tête encore sous les cocotiers, dur de me concentrer sur l’un deux.

Mais, c’est toujours un plaisir de m’immerger dans un » Balzac ». Si j’ai lu tout Zola, je suis loin d’avoir lu tout de ce brave Honoré. Pris dans la boîte à livres, j’en ai plusieurs qui attendent. En fait, chaque année « je me fais un Balzac » et j’aime ça, je ne suis jamais déçue. L’année dernière « le colonel Chabert » et « une ténébreuse affaire » (deux…. Pas mal). Et puis l’auteur tourne toujours ses histoires autour d’un homme et d’une époque qui me passionne :  Napoléon et l'Empire. 

Pour moi ce roman frise la perfection. La progression n’a aucun temps mort, aucune grande description qui coupe le récit (comme dans "le lys dans la Vallée") Toutes les descriptions sont nécessaires à l’histoire

De quoi s’agit-il ? Qui est « la Rabouilleuse ». Une rabouilleuse est une personne qui agite l’eau de la rivière pour faire aller les écrevisses vers ceux qui vont les capturer. Au sens figuré, Flore Brazier rabouille pour ceux qui veulent capter l’héritage d’un vieux garçon naïf et débile. Mais les vrais héritiers veillent. Certains se feront rouler. Le maléfique Philippe Brideau, ancien officier d’ordonnance de Napoléon, lui, réussira car c’est une fripouille qui ment, vole, détrousse surtout les personnes qui l’aiment : sa mère, sa tante, son frère et qui s’entêtent à le voir meilleur qu’il n’est. Face à un tel personnage Flore Brazier, la Rabouilleuse et son amant Max ne feront pas le poids. Comme la lumière répond à l’ombre, le frère de Philippe, Joseph « l’artiste », le « mal considéré » vénère sa mère qui le néglige au profit de son crétin de Philippe. Si j’ai eu du mal à suivre les tractations chez les notaires : les rentes, les hypothèques, les inscriptions sur le Grand Livre de l’Etat, le fait qu’un père peut déshériter sa fille au profit du fils, que le fils puisse signer des engagements d’héritage au profit de sa servante et l’amant de la servante est un peu compliqué et d’une époque, révolue en termes de droit successoral, mais ce roman reste passionnant et prend la tournure d’un roman policier. D’ailleurs, selon moi, Balzac est l’inventeur du roman policier.

Je parlais de Napoléon en début de récit. Certains des personnages de l’œuvre sont ces anciens soldats qui après la chute de l’Empereur, habitués des champs de bataille, se trouvent désœuvrés, avec une demi-solde, toujours fidèle à leur Maître prisonnier à Saint Hélène (l’action du roman se place entre 1793 et 1830 une période bien troublée). D’ailleurs ce que j’aime dans Balzac, moi l’historienne en herbe », c’est justement ce rappel à l’Histoire (Grand H). Un personnage du roman, l’épicier Descoings alla à l’échafaud, en même temps que le poète André Chénier, Balzac écrit « l’Epicerie et la Poésie s’embrassèrent au moins une fois «. Ou bien quand il fait parler l’un des personnages de Robespierre en le faisant appeler « Maximilien1er ».

Une partie de l’histoire se passe à Issoudun, et Balzac décrit si bien cette ville, qu’on a envie d’aller y casser la croûte pour voir si l’auberge de la Cognette existe toujours.

Je finis l’année avec mon comptant de vitamine littéraire. Un réel plaisir de se retremper dans la prose de ce génie qu’était Honoré de Balzac. 

La rabouilleuse par Balzac

PASSEZ UNE BONNE FIN D'ANNEE

que cette dernière soirée vous soit agréable, avec du partage et de l'amour.

je vous embrasse.

LA TABLE EST MISE

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